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Lycée

février
28
2014

Sortie Théatre

 

 

 

SORTIE THEATRE A TOULOUSE POUR LA FILIERE LITTERAIRE :

Mardi 11 février dernier, les 1ères L et les TL se rendaient à Toulouse,

pour assister à la représentation d’une grande œuvre de la philosophie classique :

LA REPUBLIQUE de PLATON (livres V à VII).

Tarif pour chacun : 14 euros seulement, tout compris, grâce à l’aide de l’APEL.

 

Le déroulement de la sortie :

 

Sortie de cours à 11h50, avant la sonnerie, munis du pique-nique de la cantine, appel devant Notre-Dame, et vite vite départ à pied pour la gare, pour attraper le train de 12h21. Attente, 22 billets à composter, on guette le wagon réservé « Groupe scolaire à Notre-Dame ».

Arrivée comme prévu à 13h et quelques, départ à pied pour l’espace Bonnefoy, à quinze minutes de la gare Matabiau. Attente à nouveau, le spectacle ne commençant qu’à 14h30. Heureusement, on est au chaud, assis, et premiers à envahir les halls. On croise les acteurs à la machine à café, incognito.

Les deux professeurs qui accompagnent, Mmes Guiraud et Niang, ont renoncé aux interrogations écrites prévues pour combler l’attente, regrets des élèves (notamment de Pierre-Jean en 1ère L). Yumeto et Eleanor font leurs devoirs, les autres bavardent allègrement. Il faut dire que la filière concentre plusieurs élèves étrangers, qui apportent leur richesse. Les fumeurs en oublient de sortir fumer !

Les organisateurs sont en avance, et la conversation s’engage sur la place des humanités à l’école. Mme MATHIEU, ancienne agrégée en philo se consacre maintenant exclusivement à Platon, à travers sa troupe de théâtre, « La Compagnie des Amis de Platon », sur Béziers. Chaque année, ils jouent dans la France entière, de janvier à mai, un dialogue de Platon, depuis plus de 20 ans. Elle garde le texte original, en le simplifiant parfois, et fait la mise en scène.

Son mari s’occupe de la communication, de la gestion et de la logistique. Il nous donne plusieurs affiches de la pièce, avec la fameuse caverne de Platon.

Ils sont ravis d’apprendre qu’un élève de Pamiers fait du grec ancien et lit le Phédon dans le texte original.

Retour par le train de 16h49, après de l’attente encore, la pièce ayant fini tôt. On a pu parler un peu avec les acteurs, écouté Théo au piano à la gare… Le wagon étant réservé, on apprécie d’être tous ensemble et assis dans un train bondé…

La pièce :

 

Elle traite de la description par Platon de la cité idéale. L’homme étant par nature un animal politique, il faut donc réfléchir à la meilleure cité pour lui.

Qui y garde-t-on ? Les artisans, les gardiens et les gouvernants, qui sont les philosophes.

On donne en effet le pouvoir à celui qui n’en veut pas, et à celui qui a pris le temps de réfléchir à ce qui est juste, pour la communauté, à long terme et pas que pour lui spontanément.

Les hommes et les femmes y sont traités à égalité, du moment que leur naturel les pousse à être gardiens ou philosophes. Sinon, il n’y a pas de familles à proprement parler, car les enfants doivent être éduqués par tous.

La cité idéale n’est pas une démocratie, car tant que la majorité n’est pas instruite, elle est comme un gros animal, qui ne suit que son ventre. Sur un bateau, le pouvoir revient au capitaine, qui a des compétences. De même, en politique, le pouvoir doit revenir au plus compétent.

Voilà pourquoi tout est affaire d’éducation. On a la société qu’on mérite au fond. C’est ainsi que Platon en arrive à l’Allégorie de la caverne. Cette image concrète symbolise l’ignorance de celui qui en reste à des centres d’intérêts matériels : manger, s’amuser, dominer…

Sortir de la caverne signifie accéder à la réflexion sur ce qui sort du matériel strict. Cela commence avec les mathématiques, qui nous font entrer dans un monde abstrait, logique et rigoureux.

Vient ensuite la réflexion philosophique, sur les Idées intellectuelles pures : celles de la Beauté, la Vérité, la Justice….

Instruire, ce n’est donc pas imposer des connaissances, c’est amener l’esprit à se tourner lui-même vers ce qui vaut en soi, qui est éternel et transcendant.

Socrate demande à plusieurs reprises qu’on ne l’interroge pas sur le caractère réalisable de cette cité idéale, mais qu’on en reste à sa légitimité.

Là réside sans doute la limite fondamentale de la pièce, de la pensée de Platon, ainsi que de la philosophie rationaliste en général.

Faut-il alors jeter les idées qui ne trouvent pas une application immédiate ??